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À tous les âges et à toutes les saisons : jouer pour aider à grandir

Publié le : jeudi 19 décembre 2013

Les beaux jours se font de plus en plus rares, la pluie et le vent nous contraignent à rester chez nous. C’est le moment de sortir les jeux de société. Il y a bien sûr les classiques, tels le jeu de l’oie, le Scrabble, l’interminable Monopoly, mais on peut aussi se risquer à découvrir des nouveautés parmi l’incroyable choix que proposent les ludothèques ou les magasins spécialisés. Les jeux de société sont un prétexte à faire quelque chose ensemble, avec les autres : sa famille, ses amis. On rigole, on bluffe. Certains, plein d’entrain, veulent gagner à tout prix. D’autres participent pour se mêler aux autres et finalement se laissent prendre au jeu. On se laisse aller à regarder son enfant, on le découvre sous un autre jour.

Jouer est une bonne manière d’échanger entre personnes d’âges différents.
Des enfants d’une fratrie recomposée peuvent se découvrir des centres d’intérêt commun. Le plus jeune peut éveiller l’intérêt des adolescents lorsqu’il s’avère être le plus observateur et le plus rapide. Chacun le veut alors dans son équipe.
De même, Papi s’avère imbattable au rami et se fait un plaisir d’ « enseigner » à son petit-fils quelques astuces. Quelle fierté pour chacun ! On partage des souvenirs d’enfance, on se souvient des conseils donnés par un aîné pour être imbattable aux échecs, des mots incroyables, pas encore répertoriés dans le dictionnaire, du cousin Arthur au Scrabble. On revoit ces moments rares que nos parents prenaient pour jouer avec nous, sortant de leur quotidien et retrouvant leur âme d’enfants.

Jouer peut être un rituel qui vient ponctuer certains événements familiaux : fêtes de famille, vacances estivales, voire même, pour certains, séjour au ski. Il n’y a pas de télévision, les consoles de jeux sont restées à la maison, voilà l’occasion de prendre le temps et de jouer ensemble.
Jouer ce n’est rien de moins que transmettre tout cela et tisser les liens familiaux qui formeront une trame solide sur laquelle s’appuyer.

On ne s’ennuie pas en jouant, on peut même partir dans de grands éclats de rire quand, tout à coup, la situation du jeu s’inverse et que celui qui était à deux doigts de l’emporter récolte toutes les cartes de ses adversaires et se retrouve bon dernier. Parfois les larmes pointent, l’agacement se fait sentir. Il faut savoir l’accepter pour préserver le plaisir de jouer ensemble.

Au-delà du ludique, une fonction éducative
Car jouer, au-delà de l’intérêt ludique à une fonction éducative. Pour jouer, il faut respecter les règles, savoir attendre son tour. Sinon, jouer ensemble ne s’avère plus possible. Il faut accepter de perdre même quand on a très envie de gagner. Parmi les plus jeunes, les jeux coopératifs où tous les joueurs s’associent pour mener à bien une mission, permettent d’éviter une ambiance trop tendue. Pour d’autres, au contraire, c’est l’occasion de stimuler son esprit de compétition, sa ténacité. Frustration, déception rencontrées au cours du jeu seront l’occasion d’aider son enfant à grandir. Et attention, parents ! Attendez-vous à ne pas être toujours les meilleurs ! Quel plaisir pour l’enfant de pouvoir se mesurer à l’adulte, lui montrer ce dont il est capable, et même gagner !
Jouer, c’est aussi apprendre sans s’en rendre compte. Apprendre à se concentrer, à être plus habile, à mémoriser, à observer, à élaborer une stratégie… Certains professionnels de l’enfance (orthophonistes, psychomotriciens) utilisent les jeux dans leur prise en charge et peuvent les recommander pour un accompagnement ludique des apprentissages à la maison.

Jouer c’est tout de même pour passer le temps, pour tromper l’ennui. Cela peut être chez soi, au cours d’un long trajet, en vacances. On peut jouer avec des jeux ancestraux, on peut aussi les transposer : à la plage, des galets, des morceaux de bois, peuvent faire office de pions et le sable s’avère tout indiqué pour y tracer un échiquier.
Avec un peu d’imagination, pourquoi ne pas se laisser tenter à inventer de nouveaux jeux ?

Céline Bouakkaz, pédopsychiatre