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Échanges sur la coopération autour du parcours scolaire de l’enfant : les mots des professionnels

Publié le : mardi 1er juillet 2014

Animé par Patrick La Prairie, journaliste à la retraite et militant ATD ¼ monde, s’est tenu un temps d’échanges à l’occasion de la journée départementale du Réaap 29 Parents, professionnels, bénévoles : Quelle coopération autour du parcours scolaire de l’enfant ?
Mme Lefou, présidente de l’ACEPP 29 (Association des collectifs enfants parents professionnels), Mme Guérinaud, représentant l’éducation Nationale, M. Bicrel, représentant l’enseignement catholique, M. Cail de la Fédération Familles Rurales et Mme Toussaint-Eymerich, directrice du Centre d’Information et d’Orientation de Brest ont pris la parole.
Extraits des propos de chaque intervenant.

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De gauche à droite Xavier Caill (Familles Rurales), Gilbert Bicrel (Enseignement catholique), Dominique Guérinaud (Éducation Nationale), Martine Lefou (ACEPP 29), Isabelle Toussaint-Eymerich (CIO Brest), Patrick La Prairie (Journaliste).

Isabelle Toussaint : « Ce qui est important, c’est que le jeune soit conforté dans sa capacité à se former, à aller jusqu’au bout. C’est-à-dire que ce qui est important, ce n’est pas tant que le jeune sache ce à quoi la formation va lui servir pour plus tard. C’est qu’il sache que cette formation va lui servir, qu’il va pouvoir réinvestir ce qu’il a acquis. »

Martine Lefou : « Nous,on est le 1er maillon de chaîne et dans nos structures associatives, il est vrai qu’on met autour d’une table la diversité des parents et de l’équipe éducative. De là commence l’envie de partager le projet éducatif, les opérations à mener… Ces parents, on les retrouve dans les écoles. […]On apprend à nos tout-petits à vivre en collectivité, à être ensemble. Et pourquoi ne pas, nous aussi, faire pareil, échanger autour d’une table ? »

Dominique Guérinaud : « C’est justement le dialogue entre la famille et l’institution, les enseignants qui va instaurer une relation de confiance et qui va nous permettre de construire. Dans les formations des enseignants, directeurs d’école, nouvellement nommés, de la place qui est la mienne, j’essaie de faire passer ce message.
Le dialogue avec les familles débute dès le moment où l’enfant rentre dans l’école, dès la maternelle, pour se poursuivre jusqu’à ce que l’enfant quitte l’école. Pendant toute cette période, on doit être vigilant à se rencontrer et à ne pas attendre qu’il y ait difficulté pour se rencontrer – parce qu’on sait bien que quand il y a difficulté ce n’est pas là que c’est le plus simple. Mais si on a appris à se connaître, à se faire confiance, à échanger, à avoir d’autres moments que des moments qui sont liés à la relation autour d’un enfant précis, des moments de convivialité – on travaille aussi sur l’accueil des parents de façon générale – on a déjà fait un grand chemin. […]
J’ai découvert, en préparant les formations sur la relation école/familles, à quel point nous avions les uns et les autres – parents et enseignants – sur l’école des représentations qui sont sources de ces diverses peurs que l’on peut avoir les uns envers les autres. Je me suis rendue compte que des enseignants pouvaient avoir peur de rencontrer et de recevoir des parents, parce qu’ils sont formés pour travailler avec des élèves, des enfants, etc., mais ne sont pas formés pour des relations avec les adultes et pour certains c’est très compliqué. Et j’ai découvert de l’autre côté que c’était difficile pour un certain nombre de parents de rencontrer les enseignants en allant jusqu’à se poser les questions “qu’est-ce que je dois dire, comment dois-je m’habiller ?” »

Xavier Cail : « Au-delà des enseignants, il y a peut-être le rôle de l’associatif. Au niveau des associations locales, elles peuvent être des lieux d’échange – sans nécessairement attendre les conflits ou les difficultés. Familles Rurales a organisé des rencontres sur les territoires sur la question « Comment accompagner son enfant à faire ses devoir ? ». Des enseignants –qui n’étaient pas forcément du territoire – des professionnels et bénévoles qui portent l’accompagnement à la scolarité ainsi que des parents – du territoire – se sont rencontrés et se livraient sans avoir peur d’être jugés. »

Gilbert Bicrel : « Je pense que l’on a besoin de sas entre les familles et l’école. Je sais qu’il y a plusieurs communautés éducatives qui pensent à créer des sas, c’est-à-dire des temps, des moments, des pauses de vie d’établissements où les parents ne sont plus parents, les enseignants ne sont plus enseignants, le personnel n’est plus personnel, les enfants ne sont plus élèves : des cercles d’échanges de savoirs, de compétences sur le domaine des arts, de domaine de la pratique sportives, sur le domaine de l’échange, sur le domaine de la coopération. […] On a besoin de passeurs. Plus on est des passeurs dans nos métiers, passeurs culturels, passeurs de savoirs, passeurs de compétences, passeurs de difficultés aussi parfois, plus ça rend la personne apte à faire preuve de résilience dans son parcours. Et la résilience c’est la capacité à surmonter les moments un peu difficiles dans la vie et dans les trajectoires scolaires. »

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