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Médiation familiale : la découvrir et la comprendre

Publié le : jeudi 13 novembre 2014

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Introduite pour la première fois en France sous l’influence des médiateurs québécois, la médiation familiale constitue un moyen certain de prévention précoce de la maltraitance psychologique des enfants déchirés par les conflits familiaux. Elle offre l’aide d’un tiers professionnel qualifié permettant aux couples de construire eux-mêmes les accords liés à la réorganisation de la famille suite à une séparation. Elle apparaît comme l’une des modalités d’intervention sociale les plus adaptées à ces évolutions sociétales. Éclairage pour comprendre ce que c’est, à quoi ça sert.

Adoptée par le Conseil national consultatif de la médiation familiale en 2002, la médiation familiale est officiellement définie comme « un processus de construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la responsabilité des personnes concernées par des situations de rupture ou de séparation dans lequel un tiers impartial, indépendant, qualifié et sans pouvoir de décision, le médiateur familial, favorise, à travers l’organisation d’entretiens confidentiels leur communication, la gestion de leur conflit dans le domaine familial entendu dans sa diversité et dans son évolution. »
La médiation est donc avant tout un temps d’écoute, d’échanges et de négociations qui permet d’aborder les problèmes liés à un conflit familial, de prendre en compte de manière concrète les besoins de chacun, notamment ceux des enfants, avec un tiers qualifié et impartial : le médiateur familial. Son rôle est de rétablir la communication et de créer un climat de confiance propice à la recherche d’accords entre les personnes.

Intérêt de la médiation familiale
L’intérêt de la médiation familiale pour les parents et de les aider à identifier l’origine du conflit et ce qui les oppose, de permettre de maintenir ou de rétablir une communication au sein d’une famille, mais aussi de faciliter la construction et l’organisation de l’exercice de l’autorité parentale sur la base d’accords élaborés en commun et mutuellement acceptés par les personnes. Mais la médiation va au-delà du seul intérêt des parents.
En effet, la médiation va également permettre aux enfants d’essayer de garder la place qui est la leur au sein de la famille et de garantir le maintien du lien avec les parents et leurs familles. Mais elle aura aussi un intérêt pour les autres membres de la famille, en leur permettant de dépasser le conflit, en les soutenant dans une démarche de recherche d’accords satisfaisants pour tous ou en prenant en compte leurs besoins de manière individuelle.

Les étapes de la médiation
La médiation familiale est avant tout un processus qui ne peut exister qu’avec l’accord éclairé de chacune des parties. Elle va s’initier avant, pendant ou après une séparation ou une crise au sein de la famille et elle peut s’échelonner sur plusieurs mois. Elle va se mettre en place par des entretiens avec les personnes sur les circonstances de la rupture ou du conflit, sur les besoins de chacun des membres de la famille, sur leurs responsabilités réciproques, sur les moyens à mobiliser pour répondre aux attentes qui se sont exprimées au cours des entretiens afin de construire des accords permettant d’organiser la vie des parents et celles des enfants.

Elle peut s’exercer dans deux contextes d’intervention : la médiation familiale dite conventionnelle et la médiation dite judiciaire.
- La médiation familiale est conventionnelle lorsque ce sont les personnes qui la sollicitent. Elles peuvent se rendre d’elles-même directement et spontanément auprès d’un médiateur familial ou sur le conseil d’un professionnel (travailleurs sociaux, médecins, juges, avocats, etc.).
- La médiation est judiciaire dans deux types de situations : l’injonction, c’est-à-dire que le juge aux affaires familiales peut enjoindre aux personnes de rencontrer un médiateur familial qui les informera sur les conditions et le déroulement de la médiation familiale*. Ou la médiation dite ordonnée, c’est-à-dire lorsque le juge aux affaires familiales, après avoir recueilli l’avis des personnes, le stipule comme tel dans le jugement ou l’ordonnance.

Concrètement la médiation familiale va se dérouler en trois étapes :
- Étape 1 : L’entretien d’information, sans engagement et gratuit dans les associations conventionnées par la CAF. (Dans les autres structures ou en libéral il peut être payant.)
- Étape 2 : Des entretiens d’une durée de 1h30 à 2h, sur une période pouvant aller jusqu’à 6 mois.
- Étape 3 : L’établissement éventuel d’un accord. Les personnes qui ont trouvé un accord durant la médiation peuvent demander au juge de l’homologuer.

Contacts en Finistère

• « Trait d’union », service géré par la fondation Centre Hélio-Marin à Brest (02.98.02.64.22) avec une antenne à Morlaix.
La Maison du Couple et de la Famille à Brest (02.98.47.26.26)
Espace Famille médiation géré par la CAF du Finistère à Quimper (02.98.98.32.37)
• Des médiateurs familiaux diplômés d’État exerçant en libéral. Liste sur le site de l’APMF (Association pour la médiation familiale) - http://www.apmf.fr/
• Permanences au Tribunal de Grande Instance de Brest : le 1er jeudi du mois de 13h30 à 16h30 et le 3e jeudi du mois de 14h à 16h30 – sans RDV. (Permanences assurées par Trait d’Union et la Maison du couple et de la famille.)
• Permanences gratuites d’information assurées par Aude-Sophie Bacher, médiatrice familiale D.E. à l’ORB sur RV (02 98 80 30 03)
• Site de le FENAMEF (Fédération Nationale de la Médiation Familiale) - www.mediation-familiale.org

* Seule cette information s’inscrit dans le cadre judiciaire, si les personnes s’engagent ensuite en médiation familiale celle-ci deviendra alors conventionnelle.

Article préparé par Marine Gaillard, étudiante M2 Action sociale et de santé